En cette époque de l’année où nos compagnies d’arc désignent leur roi respectif, il nous semble intéressant de proposer à nos lecteurs un article sur cet oiseau mystérieux sur lequel nous tentons tous de faire but.

Tir au papegeai

Papagau, papegeaut, papegaut, papegay, papegeai, papegai, … autant de dénominations utilisées au cours de l’histoire et des régions pour désigner autrefois cet oiseau, qu’annuellement, les chevaliers de l’arc tentaient d’abattre en vue de devenir le roi de leur compagnie privilégiée appartenant à la milice bourgeoise de leur ville.

Qu’est-ce donc qu’un Papegai (nous choisissons cet ortographe puisque c’est celui dont nous trouvons une définition dans le dictionnaire de l’Académie Française) ?

Papegai est un nom masculin du XIIe siècle, emprunté de l’arabe babbaga, qui signifie « perroquet ».

Oiseau vivant dans les régions d’Orient à climat sec, il est noble par son exotisme et sa rareté. Lié à l’ornementation et à la distraction individuelle, il relève en ce sens de la sphère du privé. Son plumage fait de lui un objet de curiosité, on le promène pour le montrer et l’entendre.

Oiseau de cour, il vit dans l’entourage des nobles qui en font l’aquisition pour être flattés de ses paroles. Doué du « langage de l’homme », de nombreux textes affirment que le papegai aurait la capacité de saluer spontanément les rois et les empereurs. Valorisé pour son exotisme, la chatoyance de ses couleurs et pour son langage, il est l’oiseau favori des dames.

Selon d’anciens Bestiaires de l’époque médiévale, les papegaies à six doigts symbolisent les hommes qui craignent Dieu, tandis que ceux qui n’en possèdent que trois renvoient aux pécheurs impénitents. Dans la littérature didactique médiévale, le papegai peut incarner une figure de la clergie. Voix de la sagesse, il fait parfois des discours sur la vanité des choses de ce monde.

Dans le Conte du Papegau, roman arthurien du XVe siècle, le roi Arthur gagne l’oiseau exotique à l’issue d’un tournois brillament remporté et aquiert le surnom de Chevalier du Papegau suite à sa renommée. Dans ce conte, la préoccupation principale de l’oiseau réside dans le chant, le divertissement et la casuistique amoureuse, tandis que son chevalier se concentre sur les coups qu’il distribue avec son épée. Le premier prend en charge la vue, l’ouïe et la parole, tandis que le second se situe dans l’action et la prouesse.

Sachant que le tir sur un oiseau remonte à des temps très anciens, nous ne savons pas quand le papegeai a été spécifiquement intégré. Ceci étant, les analogies entre le papegai et le roi de la compagnie nous semblent nombreuses.

Tir au papegeai

En effet, le roi est placé à la tête de sa compagnie pour être vu. Tel le Chevalier du Papegau arthurien, il est un champion à qui les valeurs d’honneur et de courtoisie parlent. S’il a le pas sur tous au tir, c’est pour attirer l’attention et montrer à tous la voie de la dextérité et de la prouesse. Si c’est à lui que revient la décision finale en cas d’égalié de vote lors de débats, c’est bien car sa parole est censée être sage…

Empereurs des compagnies de Visé

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