Cet article fait suite à l’article La naissance des compagnies privilégiées (partie 1/3). La partie 3 devrait être publiée demain. D’ici là, bonne lecture.

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Avec la mise en place de l’armée royale professionnelle permanente et la pacification du territoire, au cours du temps, l’importance des milices bourgeoises s’amoindrit, même si elles perdurèrent jusqu’à la Révolution française. Avec l’arrivée des armes à feu, l’arc et l’arbalète devinrent des armes inefficaces militairement sur le plan opérationnel. Cependant, étant attachées à leurs avantages, les compagnies privilégiées pratiquant l’exercice de ces armes se maintinrent dans bien des localités ou bien mutèrent pour s’adapter à une nouvelle arme tout en gardant leurs privilèges. Quoi qu’il en soit, à partir du XVIe siècle, globalement, l’exercice militaire disparut au profit de l’exercice d’amusement.


Tir au papegeay

Maintenant, si les membres des compagnies privilégiées continuent à se rassembler les dimanches, c’est donc pour se distraire en pratiquant les « nobles jeux » de l’arc, de l’arbalète, de l’arquebuse, ou encore de la couleuvrine, du canon, du revolver, de l’escrime ou encore de la navigation. Avec les privilèges accumulés dans le temps, les autres villageois ne voient désormais plus les « privilégiés » sur les remparts ou aux portes des villes. Ces derniers seront plutôt employés par le corps municipal comme troupes d’honneur dans le cadre des parades municipales, ou bien gardes du corps des rois et des personnalités importantes lors de leurs passages dans les villes.


Gardes nationaux

Avec l’esprit ambiant de la fin du moyen-âge, les membres des compagnies privilégiées se mirent à adopter progressivement un esprit chevaleresque. Au XVIIe siècle, on sait qu’ils se faisaient appeler « chevaliers du guet ». Au XVIIIe siècle, ils prirent le titre de chevaliers du noble jeu de l’arc qu’ils pratiquaient (par exemple, « chevaliers de l’arquebuse » pour l’arquebuse). Désormais, dans le jardin où ils s’entraînent, ils s’exercent avec « honneur et courtoisie » (devise des chevaliers de l’arc) et s’affrontent avec un esprit confraternel lors de tournois organisés, appelés « prix ». Avec le siècle des Lumières et la naissance de nombreuses traditions, le simple serment d’autrefois, où le confrère promettait de servir la cité par les armes et d’obéir au capitaine de la compagnie, se transforma en une réception chevaleresque, où un symbolisme riche de valeurs morales chrétiennes imprégnèrent les confrères.

Par décret du 13 juin 1790, l’Assemblée Législative dissout toutes les compagnies de la milice bourgeoise. Sans exception, toutes les sociétés durent rendre leurs drapeaux et se fondre au sein de la Garde Nationale.

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Lire la suite : Les compagnies d’arc après la Révolution (partie 3/3)

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