Dans le cadre de notre dossier sur l’histoire synthétisée des compagnies d’arc, cet article est la suite de La naissance des compagnies privilégiées (partie 1/3) et L’apparition du Noble Jeu de l’Arc (partie 2/3).

– – – – – – –

La disparition des compagnies de l’arc et de l’arquebuse ne dura pas bien longtemps. Quelques années seulement après la Révolution, les confréries et sociétés d’autrefois refont leur apparition en France à la fin du Directoire et durant le Consulat. De nouvelles compagnies du noble jeu de l’arc et de l’arquebuse se reforment, essentiellement en Ile-de-France, en Picardie et dans le Nord. Les « compagnies d’arc » conservent leurs us et coutumes héritées de l’Ancien Régime ; les compagnies de l’arquebuse deviennent les « sociétés de tir » contemporaines et se concentrent pour leur part sur l’exercice militaire et sportif uniquement.

Au cours du temps, le recrutement au sein des sociétés de l’arc se diversifie. Si au XVIIIe siècle le postulant était de bonnes conditions sociales, était présenté par au moins deux parrains et subissait des enquêtes, les qualités des postulants sont au final de moins en moins étudiés. A partir du XIXe siècle, les compagnies recrutent des archers qui n’aspirent pas tous à devenir chevaliers de l’arc au bout de quelques mois d’ancienneté, comme cela se pratiquait autrefois. Au XXe siècle, l’ouverture aux femmes et aux enfants s’élargit, alors qu’il fallait autrefois être un homme ayant atteint l’âge de la majorité (soit 21 ans).


Chevalier de l’arc en 1800

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, de grands débats eurent lieu au sein des compagnies d’arc. Avec le vent de laïcisation qui souffle dans le pays, les obligations d’assister aux messes et les traditions mystiques d’autrefois ne conviennent plus à tous les chevaliers de l’arc. Des réformes sont entreprises et les rituels de réception de chevaliers de l’arc modifiés pour écarter les symboliques religieuses.


Roi des Archers au Beurceau de Guillaume Tell

Jusqu’au début du XXe siècle, il n’existait ni lien, ni cohésion réelle entre toutes les Compagnies, pas plus que de comité chargé de les représenter à l’occasion des concours officiels, nationaux ou internationaux. L’appel à la chevalerie établi lors des différends entre les compagnies ou les rondes, ou les familles, donnait lieu à des sanctions d’une autorité facile à contester.

Lors de la préparation des Jeux Olympiques organisés à l’occasion de l’exposition universelle de Paris en 1900, Monsieur Octave JAY (capitaine de la compagnie de Saint-Pierre-Montmartre) et plusieurs autres capitaines de la Seine, de la Seine et Oise, de la Seine et Marne et de l’Oise, réunirent une assemblée pleinière de la Chevalierie qui se tint le 9 avril 1899 en la mairie du Xème arrondissement. Cette assemblée adopta les statuts et règlements d’une Fédération des Compagnie d’Arc de l’Ile-de-France sous la Présidence de M. JAY. En 1911, ce titre fut changé en celui des Fédérations des Compagnies d’Arc de France, société affiliée à l’Union des Sociétés de tir de France et agréée par le ministère de la Guerre le 31 décembre 1920. Elle prit définitivement son autonomie et le nom de Fédération Française de Tir à l’Arc en 1928.


Archer aux JO de 1900

Ainsi, malgré les guerres et autres périodes de troubles qu’a pu connaître la France, nous voyons que les compagnies d’arc perdurent, réussissent à maintenir leurs us et coutumes tout en s’adaptant à leur temps, pour être toujours aujourd’hui des sociétés, où certes on s’exerce à l’arc, mais où règne aussi un esprit convivial et de divertissement bien marqué.

Share →