Deux voies de l’arc parallèles qui permettent
à chaque archer de la FFTA d’y trouver son compte

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Comme vous le savez, le journal L’Archer Français s’intéresse à l’histoire des sociétés qui étaient autrefois des compagnies privilégiées des milices bourgeoises de nos villes et qui devinrent, ce qui reste aujourd’hui, les compagnies d’arc.

Dans cet article (qui sera découpé en deux parutions), attachons-nous à savoir plus particulièrement ce que sont exactement ces compagnies d’arc vis-à-vis des clubs « classiques ». Pour répondre à cette problématique, nous avons choisi de formuler notre réponse sous la forme d’un dialogue impliquant trois personnages :
– Agathe, une journaliste sportive,
– Sébastien, membre d’une compagnie d’arc et
– Gérald, membre d’un club de tir à l’arc.

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Agathe : « Bonjour Sébastien et Gérald. Vous tirez tous les deux dans le même département, vous appartenez tous les deux à la Fédération Française de Tir à l’Arc, vous êtes tous les deux dans des associations sportives qui sont affiliées à cette fédération, mais l’un appartient à ce qu’on appelle une compagnie d’arc et l’autre à un club de tir à l’arc. Je vous ai invités pour en savoir plus sur ces deux types de structures : leurs similarités, leurs différences, … J’espère que vous pourrez m’éclairer sur ce sujet. »

Gérald : « Bonjour Agathe, merci de nous recevoir. »

Sébastien : « Agathe, je te salue. Nous ferons notre maximum pour répondre à toutes tes questions. »

Agathe : « Lorsque j’ai commencé mon enquête, je me suis vite rendu compte qu’il semblait exister de véritables différences entre une compagnie d’arc et un club de tir à l’arc. Pourtant, dans l’une ou l’autre structure, l’objectif est le même, tirer à l’arc, n’est-ce pas ? »

Gérald : « Selon moi, que l’on soit archer d’un club de tir à l’arc ou d’une compagnie d’arc, le but principal est le même : s’exercer au tir à l’arc, encore et encore, inlassablement, pour tenter de réussir à être toujours plus prêt de la cible. »

Sébastien : « Je rejoins mon ami Gérald, nous recherchons nous aussi à atteindre une cible. »

Agathe : « Mais alors, pourquoi ai-je entendu parler de différences majeures entre vos deux structures ? »

Sébastien : « La différence majeure réside sans doute dans cette « cible recherchée ». Selon mon appréciation, dans un club, on tente souvent d’améliorer son tir pour approcher toujours plus près du centre de la cible ; dans une compagnie d’arc, pour les archers cette cible est généralement plutôt ailleurs. Ainsi, un archer qui vise loin du centre n’est pas pour autant un « mauvais » archer ; les performances sportives visibles ne priment pas. »

Agathe : « Mais quelle est alors pour vous la cible recherchée dans le tir à l’arc ? »

Sébastien : « La cible, dans ce que nous appelons le Noble Jeu de l’Arc, peut être vue par certains comme une cible plus personnelle que la cible matérielle en carton. Pour certains, le but dans l’archerie traditionnelle est de rechercher à devenir un archer qui réussirait à atteindre à la fois une cible intérieure et extérieure, comme au Kyudo (tir à l’arc japonais). Dans tous les cas, dans une compagnie, l’entraide, l’honneur ou encore la courtoisie sont autant de valeurs à pratiquer et à atteindre. Les à côtés du tir sont donc un moyen pour former entre nous une union cordiale et sincère. Bref, un comportement honnête dans le jeu d’arc nous permet de nous améliorer individuellement et collectivement, tant sur le plan sportif qu’humain. Et cet état d’esprit est à nos yeux plus important que les résultats en cible. »

Agathe : « Cela voudrait-il dire que la cohésion et toutes ces valeurs vertueuses n’existent pas ou ne se pratiquent pas dans un club ? »

Sébastien : « Bien sûr que non ! Et ce n’est d’ailleurs pas ce que j’ai dit. Mais je laisse Gérald en parler s’il le veut bien. »

Gérald : « Effectivement, dans un club, la pratique sportive n’empêche absolument pas une bonne entente entre archers, ainsi que des relations sincères ou encore la pratique de vertus. Comme le disait Sébastien, de part leurs us et coutumes issus du passé, les compagnies d’arc insistent davantage sur ces notions comportementales, tant avant, pendant qu’après le tir. »

Agathe : « Gérald, il y a donc des différences sur le fond et la forme en somme ? »

Gérald : « Oui, que ce soit dans leur organisation, dans leurs fêtes, ou encore dans leur discipline principale de tir, il y a des différences. Après avoir parlé un peu de fond, citons quelques différences de forme : dans une compagnie, on appelle capitaine le président, lieutenant le vice-président, … Il y a un porte-drapeau, parfois même un joueur de tambour. Tous les archers portent un uniforme. Tout cela trouve, sauf erreur, une justification historique dans le fait que les compagnies étaient autrefois des compagnies militaires défendant les villes. »
Sébastien : « C’est bien cela. Du XIIe au XVIIIe siècle, les compagnies défendaient autrefois les remparts des villes contre les invasions extérieures. A la révolution, elles ont été dissoutes au sein de la Garde Nationale. Elles se sont reconstituées quelques années plus tard et sont à l’origine de ce qui est aujourd’hui la Fédération Française de Tir à l’Arc en général et les compagnies d’arc en particulier. »

Agathe : « Ce sont là les seules différences ? »

Sébastien : « Non, il y en a d’autres. Dans nos us et coutumes, nous avons chaque année deux moments importants au sein d’une compagnie : la fête de Saint Sébastien, patron des archers, en janvier, et l’abat de l’oiseau, généralement entre avril et mai suivant les lieux, pour désigner le roi de la compagnie. Ces moments étant très conviviaux, beaucoup de clubs de tir à l’arc pratiquent d’ailleurs l’un ou l’autre événement, voire les deux. De plus, nous organisons régulièrement des Prix, dits Généraux et Particuliers, dans le but d’inviter des archers d’autres compagnies à tirer dans nos jeux d’arc et développer un esprit de franche rivalité courtoise. »

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NDLR : suite de cet article ici.

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