La Compagnie d’arc de Senlis-Montauban (Oise) a aimablement accepté de répondre à un interview que nous lui avons soumis suite aux Etats-Généraux.

En voici le résultat :

Comment avez-vous perçu les EG ?

Les états généraux sont une très bonne initiative. Le succès, démontré par la présence d’un grand nombre de représentants, en est la preuve. Le rassemblement autour de ce projet permet d’apprécier encore plus l’esprit qui règne autour de notre sport.

Certes, il y a les compétitions, l’évolution, le temps qui passe,la société, la crise, et tout ce qui tend à « émousser » les traditions historiques, mais les EG ont permis de constater qu’un grand nombre d’entre-nous transmettent et font perdurer celles-ci.

Qu’en avez vous retenu ?

Cette réunion à permis, au travers des présentations et des orientations, d’offrir la perspective d’apprendre un peu plus sur les traditions assez diversifiées de l’archerie traditionnelle et de la Chevalerie (Collier des familles, Familles de Chevaliers, Ronde, …). En effet, Les traditions se sont transmise au fil des générations, par bouche à oreille, parfois par écrit, mais surtout de façon très localisée. La démarche d’historisation, de recueil, qui est en marche va sans doute permettre, au travers de diverses publications à venir, de mieux connaître et, par la même, de renforcer nos traditions.

Les difficultés financières de notre pays ne jouent pas en faveur des bouquets. Chacune des compagnies organisatrices souhaite faire mieux que la précédente, ce qui se conçoit. La surenchère de qualité des bouquets ainsi créée, associée à la notion de bénévolat, qui jusque là suffisait (mais se trouve désormais être en très nette régression), laisse la place à une machinerie administrative et financière qu’un grand nombre de structures et de communes ne pourront désormais plus supporter.

Comme l’a souligné le président de la FFTA, Philippe BOUCLET, le problème de disponibilité pendant les trois mois qui suivront, tant en semaine que les WE, pour recevoir les archers inscrits au prix du Bouquet, ne rendent pas les choses évidentes dans leur gestion. Des solutions d’accompagnements devront être trouvées, sous peine d’une absence de compagnies volontaires à l’organisation de l’événement. Dans cette période charnière de constitution du dossier UNESCO, une telle option serait dramatique. Peut-être faudra-t-il passer, là aussi, par un regroupement (action inter club/compagnie, inter communale, inter-familles, inter-rondes) pour être plus fort et plus efficace.

Au-delà de la constitution du dossier et de la reconnaissance du bouquet, il s’agit de renforcer et donner une nouvelle impulsion aux échanges entre compagnies, clubs, pouvoirs publics et fédérations. Chose qui s’avère délicate dans un sport, qui n’est pas un sport collectif (il faut le souligner), qui s’inscrit dans un monde en crise et tout aussi individualiste. L’adhésion et la fédération d’un grand nombre est nécessaire.
De plus, Cet effort collectif permettra de redonner une direction et un formalisme aux activités traditionnelles.

Pensez vous que le projet s’amorce bien ?

Le projet semble bien amorcé, bien construit. Les encadrants sont à la hauteur, la constitution des différentes commissions autour du sujet (et les interactions) entre elles, ainsi que les excellentes présentations en sont le reflet. Du reste, Le fait que nous ne soyons pas seuls en compétition incite la prudence et la consolidation de cette action. En effet, aussi en compétition, la Corée a déjà certains atouts, leur tradition de l’arc, qui s’applique probablement à tout un pays. Leurs résultats et leur reconnaissance sportive en compétition située à un très haut niveau.
La France, où la pratique du tir l’arc n’est pas nécessairement uniformément reparti sur le territoire ne jouit pas de la même reconnaissance. Les traditions sont plus présentent dans la partie Nord du pays. Cette même France qui présente aussi d’autres projets dans le même cadre. Il y a donc une compétition nationale, puis internationale.

Avez vous des remarques ?

Adhésion

Ce projet ne pourra être mené et aboutir que par l’adhésion sans faille du plus grand nombre. Mais n’est-ce pas inscrit dans le code traditionnel de la chevalerie ? Cela va donc de soit, Tous les chevaliers vont adhérer, soutenir le projet, et enfin, par l’exemple, rassembler leur troupes.

Notre sport et les médias

Nous avons actuellement la chance que notre sport soit mis en valeur par voie de médias. D’abord au travers des compétitions proches de nous : les JO, la coupe du monde au Trocadéro, puis par les films, vidéos et séries où un grand nombre d’archers sont à l’honneur, mais qui au final transcrivent les valeurs de notre sport.
On voit d’ailleurs augmenter le nombre des licences depuis quelques temps sur ce simple effet. De nombreux jeunes nous rejoignent, et c’est par eux, à travers nos écoles que les traditions doivent se perpétrer.
Au même titre qu’au judo, rien ne se passe tant que le salut n’a pas été effectué, pourquoi le tir à l’arc ne pourrait-il pas ? …..
Personne ne discute cela au judo ? Rappelons que le tir à l’arc puise son inspiration dans ses traditions médiévales, dans nos cultures (traditions de chevalerie, valeurs , disciplines, etc.), mais aussi dans les arts martiaux (dans la pratique : valeurs, discipline, concentration, respect, respiration, équilibre,etc.), un oubli ? Je ne pense pas ? Bref, ce n’est pas le sujet.
Si les années 80 ont fait des émules de « Rocky », aujourd’hui c’est à notre tour. C’est en tout cas une occasion de « vendre » notre sport et de le mettre en avant.
C’est un travail au quotidien et sans relâche qu’il faut assurer, dans nos communes, nos régions, en compétitions. Le tir à l’arc n’est plus perçu comme un loisir du dimanche, mais bien un sport, et un sport de « super héros ».
Mais finalement, en d’autres temps, les chevaliers n’étaient ils pas ces « super héros » ? et certains héros n’étaient-ils pas archers ? …. On a bon, profitons de la vague !!!

2014 et son bouquet

Le passage du bouquet de l’an prochain risque d’être délicat car il se situe dans une période électorale (municipale), les élus encourt le risque de voir les budgets alloués à la manifestation s’inscrire sur les frais de campagne. Cela ne va pas rendre simple l’affaire. En tout cas, cela ne peut se concevoir que dans une ville d’importance relative (par sa population, mais aussi par son nombre d’archers).

La compagnie

La compagnie d’arc du Montauban de Senlis adhère totalement au Principe. Nous possédons des registres anciens, écrits dans une langue aujourd’hui disparue (Le Français) et surtout manuscrits (ce qui rend difficile leur lecture et leur compréhension). Nous les ouvrons à votre regard (mais à domicile) afin d’évaluer leurs intérêts, et la manière de les reproduire pour vos travaux.

La compagnie d’arc du Montauban de Senlis

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