Après notre article de l’an dernier sur Le « Beursault », nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir à ce qu’est un « panton » ?

Le livre Les jardins d’arc (Philippe Gouble, 2004, Emotion Primitive), associe le « panton » à la carte de bouquet provincial, en précisant qu’elle est plus grande qu’une carte beursault traditionnelle.

Nous allons, comme cela est dans notre habitude, remettre en question cette thèse, pour tenter de la confirmer ou bien de dégager un nouveau sens.

Nous avons tenté de trouver le livre le plus ancien parlant de « panton ». Il se trouve que celui que nous avons retrouvé date d’août 1680, se titre Le mercure galant (chez Thomas Amaulry, à Lyon) et donne lui-même la définition du panton :




On notera donc qu’à Lyon, à cette période, le « panton » est en fait une cible, sans distinction précise de matière ou encore de taille. Il semble toutefois généralement être en bois ou en carton, de forme carrée, avec au centre un rond (ce qui deviendra le noir). On remarque qu’on ne parlait pas encore de « broche » (ce mot apparaît en 1685 et se confirme en 1689) mais d’ « aiguille ».

Concernant le jeu, on voit que c’est celui qui était le plus proche de l’aiguille qui semblait donc gagner la cible physique (et non un Prix autre). On sait s’ailleurs que les pantons d’autrefois étaient souvent fort joliment décorés (voir Cibles, 2013. d’A. Le Brun & de G. Titeux). Il s’agissait parfois de forts beaux tableaux réalisés sur des morceaux de tonneau ; c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison qu’il est mentionné « Tableau » dans cet extrait.


Cible d’honneur de Carl Casternauer, 1672. Tittmoning © DR

Seul donc le meilleur coup était récompensé d’un Prix, à savoir une épée dans le cas de cet exemple.

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