Vue d’une broche maîtresse sur carte beursault ancienne (1841)

Il y a déjà quelques temps, un chevalier de l’arc de la compagnie de Saint-Pierre-Montmartre nous demandait quelques informations utiles sur la broche maîtresse. Avec un peu de retard, nous prenons quelques instants pour lui répondre et lui en dire plus sur cette broche en usage jusqu’au milieu du XIXe siècle…

Souvenons-nous en effet, qu’avant l’apparition des moyens modernes de mesures des coups (notamment avec le compas Ognard) mais aussi la déchristanisation des us & coutumes, la broche-maîtresse (par ailleurs pleine de symbolisme christique), a été abandonnée par les chevaliers de l’arc. Pourtant, trônant au centre de la carte, c’était sur elle que les archers tentaient autrefois de faire venir leurs traits.

Les statuts du début et du milieu du XVIIIe siècle nous apprennent tous à peu près la même chose, c’est-à-dire que l’ensemble des prix étaient autrefois « gagnés à la maîtresse broche, qui sera de fer, et tous les coups seront rapportés d’un but à l’autre. Il n’y aura qu’un seul noir et cordon à chaque carte qui sera du cercle égal et non en carré ni ovale de toute la largeur de la carte, à un pouce près de chaque côté laissé en dehors. Tous les prix seront gagnés en dedans du cordon et non en dehors ; chaque chevalier n’en pourra gagner qu’un entre le coups égaux. Le dessus gagnera le dessous, le dessous la droite, et la droite la gauche. « .

« S’il arrive qu’après un bon coup fait, un autre tire dans le même trou [1], sans que l’on puisse remarquer aucune inégalité, le premier fait sera préféré, ce qui s’observera dans toutes sortes de prix sans distinction. »

« Celui qui fera un coup favorable, prendra l’échantillon du pied de la broche au pied de la flèche, faisant toujours poser l’échantillon de toutes parts contre la franchise… »

[1] Remarquons ici que cela impliquerait que les flèches étaient enlevées de la carte, après le tir de chaque tireur. Car sinon il ne pourrait pas y avoir de trou vide à combler.

Dans les statuts des compagnons arbalétriers de Genève de 1620, nous voyons que s’il advenait qu’un tireur « enfonça ou fendit la broche par le milieu, sa flèche servira de broche ». Ainsi, la broche ne semble pas avoir toujours été métallique ; nous la supposons ici plutôt en bois. Et une flèche pouvait même la remplacer pour servir de nouveau but…

Pour l’heure, nous n’avons malheureusement pas trouvé de textes mentionnant de taille précise de la broche. Tant pour son diamètre que sa longueur… si certains ont des pistes, nous sommes preneurs !

Sources :

Explication et recueil des pièces concernant le prix général rendu à Meaux et tirée le 29 août 1717. Compagnie de Meaux. 1717 (consulter sur Gallica)

Histoire des communautés des arts et métiers de l’Auvergne : accompagnée des bannières que portaient ces communautés avant 1789 / par J.-B. Bouillet (consulter sur Gallica)

Armorial Genevois: Essai historique sur les armoires, les sceaux, les bannières et les monnaies de Genève, depuis l‛époque la plus ancienne jusqu’ à nos jours. John Daniel Blavignac
Ramboz et Cie, 1849 (consulter sur google books)

Share →