Il y a peu, Christine R.P. nous a signalé l’existence d’un exemplaire d’un journal ancien, daté du milieu de l’année 1918 et intitulé Travail et Progrès – Bulletin officiel de l’Association générale des décorés de pays Etrangers, des chevaliers du devoir, Société Nationale de Secours aux Blessés d’Ambulance et de Sauvetage et des Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume.

Nous avons réussi à retrouver, à la Bibliothèque nationale de France, plusieurs numéros de cette revue. Lorsque l’on analyse les sommaires des articles, on y voit une multitude de contenus hétérogènes sur leur thème, sans trop de liens les uns avec les autres : de la poésie, quelques informations sur le commerce, l’industrie, l’agriculture et les sciences, mais aussi des expositions, des sorties pour le divertissement, etc. On y trouve également une page promotionnelle sur les Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume.

Pourquoi promotionnelle ? Car le directeur-gérant de la revue Travail et Progrès, M. Louis Doucet, se trouve être le Connétable-Commandant de cet Ordre de Chevalerie.

En parcourant le Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, nous avons trouvé une autre revue du même genre et du même directeur-gérant, publiée avant la première guerre mondiale (à partir de 1907) : L’Etoile Bleue – Bulletin officier des Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume, Francs-Archers et Arbalétriers de France. La BnF en conserve plusieurs numéros de cette revue dans ses fonds.

Investigation faite à la BnF, ces deux revues (L’Etoile Bleue & Travail et Progrès) sont, si vous nous autorisez un jugement, un bulletin d’information pour personnes appréciant se parer de nombreux titres et médailles… et encourageant les archers et arbalétriers à adhérer, via leur revue, à l’Ordre des Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume.

A ce propos, nous notons d’ailleurs, dans le premier numéro de L’Etoile Bleue (juin 1907), une réponse de M. Doucet à Octave Geay, président de la Fédération de l’Ile-de-France, dans laquelle il essaye de faire taire les insinuations de « drôlerie » portées contre l’Ordre des Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume. Il réaffirme l’existence conforme de l’Ordre comme institution déclarée comme association loi 1901. Il tente de démontrer que les statuts ne sont pas drôles, que les membres de l’Ordre ne sont pas tous des médecins, pharmaciens et chirurgiens, croyants de surcroît (ce qui n’était pas dans l’air du temps). Et surtout, il précise (car des critiques existaient sur ce point) que le serment de la Chevalerie et la communication du secret n’étaient pas faites au sein de l’Ordre, qui était neutre et pas une société secrète, contrairement aux compagnies d’arc, qui mériteraient presque d’être interdites selon lui.

On le voit, tout ce débat est très passionné. Mais rappelons nous qu’au début du XXe siècle, la « fédéralisation » des archers de France est naissante. Chacun tentait, sans doute, d’avoir une place active dans ce nouveau système à bâtir. Ces histoires sont souvent oubliées. Merci à Christine d’avoir indirectement pu nous permettre de nous le rappeler.

Voilà quelques pages de la revue L’Etoile Bleue pouvant intéresser nos lecteurs :



Note 1 : Ne pas confondre les Chevaliers de Saint-Sébastien et Guillaume & les Chevaliers de Saint-Sébastien.

Note 2 : Est née également la revue La Croix rose et Travail et progrès réunis. Organe de l’Académie du progrès, de la fusion entre les revues La Croix rose et Travail et progrès réunis

Notices biliographiques des revues énoncées ci-dessus :
L’Etoile Bleue
Travail et Progrès
La Croix rose et Travail et progrès réunis
Il est possible de demander des numérisations des exemplaires pour ceux qui le souhaiteraient.

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